Syndicat national Force Ouvrière des Inspecteurs, Cadres et Administratifs du permis de conduire et de la sécurité routière
IPCSR et DPCSR
16.07.2026

LA GRANDE DIVERSION DES "AMÉNAGEMENTS"

La canicule s'est installée depuis plusieurs semaines et a démontré l'impréparation de l'administration face à ce risque pourtant prévisible. La filière des examens du permis de conduire n'y échappe pas...

Pour le SNICA-FO, comme nous l'avions demandé au Secrétaire général du ministère de l'Intérieur et à la DSR, ce dossier aurait dû être piloté au niveau national par la DSR, avec des garanties minimales construites autour des niveaux de vigilance météorologique (jaune, orange et rouge). Les services déconcentrés auraient ensuite appliqué ces règles communes, en les renforçant si les circonstances locales l'exigeaient. Au lieu de cela, nous avons assisté, dès la première vague de chaleur de juin, à une véritable cacophonie entre la DSR et les services départementaux, chacun renvoyant la responsabilité à l'autre. Une parfaite illustration des méfaits de la déconcentration...

Le problème est plus profond encore : les « consignes » portées par la DSR restent largement en dessous des enjeux sanitaires. L'administration refuse toujours de diminuer le nombre de candidats examinés quotidiennement.

Elle semble ignorer qu'un IPCSR enchaîne les rendez-vous programmés toutes les 32 minutes avec du public, dans un contexte où la vigilance, la concentration et la capacité d'analyse doivent rester constantes du premier au dernier candidat !

Un fonctionnaire chargé d'une mission aussi spécifique et aussi sensible ne peut pas continuer à exercer dans des conditions où la chaleur altère ses capacités physiques et cognitives, comme si de rien n'était. Faire comme si cette réalité n'existait pas, c'est ignorer un risque pourtant parfaitement identifié.

Comme il ne peut s'agir d'une méconnaissance du sujet, ce refus de reporter une partie des examens trouve probablement son origine ailleurs : l'obsession permanente des délais d'attente, elle-même conséquence d'un manque chronique d'effectifs.

Notre santé devient encore ainsi la variable d'ajustement...

Pourtant, la liste est longue des études portant sur la baisse de la productivité au travail par fortes chaleurs. Elles sont d’ailleurs synthétisées, entre autres, par l’Organisation Internationale du Travail. Chacun peut s’y référer de façon objective.

Au-delà de la température elle-même, la dette de sommeil, longtemps sous-estimée, impacte également les salariés à l’occasion de ces épisodes. Dès le lendemain, une nuit fragmentée altère les capacités de concentration, ralentit le temps de réaction et augmente significativement le risque d'erreur. Après plusieurs nuits tropicales consécutives, l'épuisement devient un véritable facteur de risque.

La climatisation, lorsqu'elle existe, ne constitue pas une réponse suffisante. Elle n'est pas supportée par tous, impose des précautions d'utilisation et ne supprime pas les effets des nombreux passages entre un véhicule climatisé et un environnement extérieur parfois supérieur à 40 °C. Elle ne compense que très partiellement les pertes de performance liées aux épisodes caniculaires.

Dans la plupart des métiers, les salariés adaptent naturellement leur activité : ils ralentissent le rythme, reportent les tâches non urgentes, économisent leurs efforts. C'est un mécanisme normal de protection de l'organisme.

Pour un IPCSR, c'est mission impossible !

Toutes les trente-deux minutes, il faut accueillir un candidat, instaurer un climat de confiance, analyser sa conduite, sécuriser l'épreuve, prendre une décision, rédiger le résultat… puis recommencer immédiatement...

Le même niveau d'exigence. La même vigilance. La même responsabilité. Treize fois par jour.

L'IPCSR ne peut ni ralentir cette cadence imposée, ni alléger sa charge de travail de sa propre initiative. Il doit maintenir le même niveau d'exigence, quelles que soient les conditions.

Résultat : la gestion actuelle des fortes chaleurs conduit inévitablement à dégrader à la fois la qualité du travail et la santé des IPCSR. Cette situation n'est plus acceptable !

L’administration a dit oui à presque tout, sauf à l’essentiel, ce qui conditionne la préservation de notre santé, le report d’unités. Ce report d’unités est le socle d’une politique d’aménagement sincère et efficace.

Sans lui, pas de pauses supplémentaires possibles ; sans pauses possibles, pas de restauration possible ; sans restauration possible, les IPCSR tournent à 200% ! Dangereux !

Nous comparer à d’autres agents qui n’ont pas une « production » chiffrable est complètement inadaptée. Les sujétions énormes qui pèsent déjà sur les IPCSR ordinairement doivent donc dégonfler par fortes chaleurs, afin de nous soulager.

Comme on ne peut pas réduire la durée de l’examen de notre propre chef, il faut donc en réduire le nombre.

Définition d’un aménagement pour l’administration : des mesures de diversion qui monopolisent le débat (la plupart sont évidemment souhaitables mais vont tellement de soi !) pour éviter la question cardinale, celle de l’allègement du nombre de candidats dans ces contextes météo.

Définition d’un aménagement pour le SNICA : toute facilitation une fois que l’on a obtenu l’allègement de la charge quotidienne, par le report d’examens.

Sans cette réduction d'unités, ce n’est pas une journée aménagée qui vous attend, mais une journée : plus longue, plus difficile, plus dangereuse.

Tout ce qu’on vous proposera, sans cette réduction d’unités, n’ira pas dans le sens de votre préservation.

Le SNICA-FO poursuivra son action, sur tous les territoires et à tous les niveaux de décision, jusqu'à l'obtention d'un cadre national fondé sur les niveaux de vigilance météorologique, imposant partout des mesures de protection automatiques, cohérentes et adaptées aux réalités de notre métier.

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