Syndicat national Force Ouvrière des Inspecteurs, Cadres et Administratifs du permis de conduire et de la sécurité routière
Droits sociaux
20.02.2026

NOTRE SÉCU EST-ELLE RÉELLEMENT EN DANGER ?

La philosophie de notre modèle social :

Cotiser à proportion de ses moyens et bénéficier à hauteur de ses besoins.

Le système de « Sécurité sociale » français est issu du Programme du Conseil National de la Résistance (CNR), qui prévoyait « un plan complet visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail ».

La Sécurité sociale a été créée en 1945 par Ambroize Croizat, ministre du travail de l’époque. Sous son impulsion, l’assurance maladie, les allocations familiales, les retraites et la couverture des accidents du travail sont intégrés à une seule caisse, financée par les cotisations des employés et des patrons.

Au-delà de cette avancée historique, la véritable révolution réside dans la gestion de cette caisse, qui repose sur les travailleurs et non sur l’État : ce régime général de sécurité sociale était régi par des conseils d’administration composés à 75% de représentants des salariés (le reste par des patrons). Il s’agissait donc d’un processus de socialisation d’une part des revenus du travail. 

L’État restait tout de même présent, puisque c’est lui qui fixait le taux des cotisations et le montant des prestations. Il a donc pu aisément s’employer à saboter le dispositif.

Dès 1967, la parité des représentants a été instaurée et le patronat s’est octroyé 50 % des sièges et ainsi la possibilité de reprendre les choses en main grâce à des syndicats favorables à ses aspirations.

La CSG

Depuis les années 80 et la vague néolibérale qui a envahi le monde entier, la sécurité sociale a subi de multiples assauts. D’abord avec l’apparition de la CSG qui instaurait le financement d’une petite partie du système par l’impôt et non plus par la cotisation.

Mais les libéraux n’ont cessé d’augmenter cette part de la CSG : son taux était de 1,1% en 1990, et il dépasse aujourd’hui les 9 %.

Dans les années 1990, le système était financé à hauteur de 3,4% par les taxes (dont la CSG).

En 2017, ce taux atteignait 24,2%. Et le Président Macron a encore accéléré ce processus, notamment par le biais de l’augmentation de la part de la CSG qui finançait alors 12 % de la Sécu, contre 20% aujourd’hui. Le projet initial, dans lequel seules les cotisations approvisionnaient le système, est donc déjà clairement mis à mal.

En outre, les discours de la plupart des politiques a alimenté l’idée selon laquelle la France serait « championnedu monde des impôts ». Une affirmation utilisée pour baisser les prélèvements sur les plus fortunés du pays, alors qu’ils sont ceux qui bénéficient le plus d’exonérations sociales. 

La création de la LFSS

En 1996, Alain Juppé a porté un nouveau coup fatal à la démocratie sociale en créant la loi de financement de la sécurité sociale. À partir de cette date, le budget de la Sécu est fixé par l’État. Depuis, le montant n’est plus déterminé en fonction les besoins (qui augmentent avec le vieillissement de la population),mais par une logique d’entreprise où l’austérité et la rentabilité règnent en maîtres.

Les prétendus déficits dont on nous rebat les oreilles font office d’excuses aux libéraux pour baisser encore et encore nos recettes, et au passage annihiler nos services publics.

Le système de retraite :

En 2010, lors l’âge légal de la retraite est passé de 60 à 62 ans.

Et en 2023, le départ à 64 ans aété imposé à grand renfortde mensonges, et d’une série de 49.3, possibles uniquement grâce à l’existencela loi de financement de la sécurité sociale.

La santé :

Au fil des ans, de plus en plusde médicaments sont de moins en moins remboursés (voire plus du tout), toutcomme des honoraires médicaux sur lesquels les mutuelles ponctionnent une partcroissante. Le forfait hospitalier ou les franchises sur les médicaments, deplus en plus importantes sont également des attaques contre le système. Auxquellesont peut ajouter l’effondrementde l’hôpital public, qui est essentiellement financépar la sécurité sociale.

Les allocations familiales et assurance chômage :

Ce sont les branches du systèmeles plus faciles à détruire car elles ne sont perçues que par les plusprécaires, sans cesse pointés du doigt pour justifier les actions desgouvernements néolibéraux successifs en faveur des ultras-riches.

 

Chacun l’aura remarqué,l’entourage du Président Macron ne cesse de se lamenter sur la dette,le budget de la nation ou les aides sociales qui coûteraient un « pognonde dingue ». 

À gérer la France comme uneentreprise, ils semblent avoir « oublié » que le service public existeprécisément pour rendre service à la population, et non pour faire des profits. Ceslamentations sont d’autant plus irritantes que leurs auteurs ont eux-mêmes créédes déficits en faisant sans cesse des cadeauxaux plus riches.

On l’aura compris, si lesfrançais ne réagissent pas, la Sécu subira le même sort que d’autresinstitutions du pays balayées par un capitalisme débridé. Une privatisationgalopante ne pourra nous mener qu’à un système à l’américaine oùla santé et le troisième âge ne sont plus que des secteurs aux mains de grandsgroupes avides de bénéfices. Une perspective qui laisse entrevoir que les plusprécaires ne pourront plus se soigner et seront contraints de travailler jusqu’àleur mort dans des conditions de pauvretéextrême.

Comment protéger ce système ?

Il doit devenir l’un des piliers de notre hôpital public, ce qui permettrait de retirer une partie de la valeur produite par les salariés du marché capitaliste qui entend bien en disposer intégralement. Pour cela, il faudrait des décisions fortes, comme la suppression des mutuelles, véritables ennemies du système, auxquelles doit se substituer un remboursement total par l’assurance maladie de tous les frais médicaux.

A noter :

Le financement de la moitié du coût de la mutuelle des salariés par le patron a permis de rendre la protection sociale complémentaire obligatoire.

Les mutuelles s'en félicitent, y compris évidemment celles adossées à des fonds de pensions étatsuniens (les mêmes qui sont à l’origine de la crise financière des "subprimes" de 2008).

Cela signifie que nous les alimentons par de l’argent public, donc versé par les contribuables.

Un véritable scandale !

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