Entre communication trompeuse et mépris du service public, à la veille des conclusions potentiellement néfastes de l'IGA, la filière navigue par "gros temps".
Au SNICA-FO, nous refusons de regarder le bateau couler sans agir.
En 2024 et 25, les AE en ligne inondaient l'espace public de chiffres outranciers sur le nombre de candidats "laissés sur le carreau".
Face à cette offensive médiatique, le SNICA-FO a rétabli les faits. Oui, bien sûr qu'il faut améliorer la réussite à l'examen (notre contribution est ici), en tous cas essayer. Mais pas à n'importe quel prix, et certainement pas en bradant la crédibilité d'un titre qui sauve des vies.
Le mirage de la réussite
Depuis des décennies, malgré les évolutions technologiques et pédagogiques, le taux de réussite stagne imperturbablement entre 55 % et 63 %.
Tout a changé, sauf ce chiffre. C’est une réalité structurelle.
Le véritable enjeu n’est pas de donner le permis à tout le monde, mais de permettre à ceux qui échouent de le repasser dans un délai décent. C’est cela, investir dans notre jeunesse.
La faillite des "décideurs"
Aujourd'hui, nous dépassons les 85 jours d'attente.
Plusieurs leviers étaient pourtant sur la table, beaucoup portés par notre cahier de revendications, intitulé "réduire le coût de l'accès au permis" :
- Mise en place du Test de Perception des Risques (TPR précisions ici) ;
- Valorisation réelle de la conduite accompagnée ;
- Subventionnement du permis, simplifié et amélioré, au moins pour les plus modestes et les plus éloignés des transports publics.
Bilan ? Rien. Les décideurs n’ont rien décidé.
Ils ont regardé le service public des examens prendre l’eau, laissant la presse locale s’émouvoir — à juste titre — de l’entrave majeure portée à l’emploi des jeunes.
Le recrutement : seule issue face à l'incendie
Face à l'inaction, le SNICA-FO a pris ses responsabilités. Pour éviter les "solutions" dramatiques qui nous pendent au nez (permis belge, externalisation sauvage, intensification des journées etc.), il n'y a qu'une issue : le recrutement !
C'est ainsi : l’intérêt général est aujourd'hui sacrifié sur l'autel d'une économie de quelques millions d'euros, une gouttelette d'eau dans le budget de l'Etat. Quelle ironie tragique quand on sait que l'insécurité routière coûte des dizaines de milliards à la Nation chaque année. Avec une mortalité routière en recrudescence et des objectifs 2030 qui s'éloignent, l'éducation routière devrait être une priorité nationale, pas une variable d'ajustement budgétaire.
Notre combat : 170 recrutements maintenant !
Le SNICA-FO, et avec lui les OP des AE "traditionnelles", exigent le renfort de 150 IPCSR et 20 DPCSR. Ce n'est pas une simple revendication corporatiste, c'est une nécessité vitale pour la filière et pour le public.
Quelle que soit l'instabilité du paysage politique, notre ligne reste droite : pour nos jeunes et pour la sécurité de tous, nous exigeons les moyens d'assurer nos missions sereinement et sérieusement.
Le SNICA-FO ne lâchera rien. L’exigence de service public est notre moteur.